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  • Transformers: L’Âge de l’Extinction (Transformers: Age of Extinction)
  • Réalisé par Michael Bay
  • Avec Mark Wahlberg, Nicola Peltz, Jack Reynor, Stanley Tucci, Bingbing Li, Kelsey Grammer, Titus Welliver, Thomas Lennon, T.J. Miller, Sophia Myles
  • Etats-Unis, Chine, 16 juillet 2014, 2h45
  • Action, Aventure, Science-fiction

Quatre ans après les événements mouvementés de « Transformers : La Face cachée de la Lune », un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie. Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Decepticons refait surface…

Michael Bay était parvenu à créer la surprise l’année dernière avec sa comédie dramatique No Pain No Gain. Inspiré d’une histoire vraie, le film n’avait coûté que 26 millions de dollars soit son plus petit budget depuis son premier film Bad Boys en 1995. De plus il dézinguait considérablement le rêve américain, de quoi prendre une belle revanche face aux individus horripilés par son patriotisme et son goût prononcé pour la pyromanie. Manque de bol pour eux, voila que le bonhomme nous revient en ce mois de juillet 2014 avec le quatrième épisode de sa lucrative franchise Transformers, sous-titré cette fois-ci L’Âge de l’Extinction

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" Dawn of the Planet of the ‘Bots "

Ce nouvel opus se place sous le signe d’une renaissance pour la saga puisque nous retrouvons un casting totalement différend de la première trilogie ainsi qu’une réelle volonté d’insuffler  une dimension plus humaine et plus mâture. Le nouveau personnage principal, Cade Yeager (Mark Wahlberg, Du Sang et des Larmes) n’est plus un étudiant mais un inventeur qui en plus de trimer pour vivre de sa passion a perdu sa femme et élève donc seul sa fille Tessa (Nicola Peltz) qui va bientôt prendre le chemin des études supérieures. On nous dresse ici le portrait d’une famille sur la corde raide mais qui demeure unie par une volonté commune de s’en sortir et surtout par un amour conséquent, renforcée par la disparition d’une femme et d’une mère, leur donnant un peu plus conscience de l’importance de la famille dans les mauvais moments comme dans les bons. Une situation qui n’a rien de très original en soi, mais qui donne lieu à une exposition réussie où l’humour et les interactions qui en découlent rendent d’emblée ces nouveaux personnages très attachants. Ils résident dans un cadre tout aussi séduisant, le Texas qui nous gorge de paysages ensoleillés et qui permet la mise en place d’une photographie chaude et colorée.

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L’Âge de l’Extinction se déroule 5 ans après les événements de La Face Cachée de la Lune, autrement dit la destruction massive de Chicago engendrée par l’éternelle bataille entre Transformers. Sauf que depuis cet incident, l’opinion envers ces derniers a radicalement changée et Autobots comme Decepticons sont perçus comme une menace aux yeux de tous. Traqués et neutralisés, victimes d’expériences en laboratoire, le film adopte un ton plus sombre que ses prédécesseurs en nous faisant comprendre que les Transformers sont victimes d’un génocide et que le gouvernement n’aura aucun remord à tuer ceux qui leur viendront en aide. Et c’est là qu’intervient la famille Yeager: Cade a en effet acheté un vieux camion qu’il voulait retaper, sans se douter qu’il s’agissait en réalité d’Optimus Prime, de quoi s’attirer les foudres de la CIA. Plus prenant et plus abouti, le scénario de Transformers 4 parvient à dégager une alchimie et une psychologie aussi bien chez les humains que chez les Transformers. Cela reste tout de même un bon divertissement qui n’oublie pas de proposer une aventure mouvementée, remplie d’humour et de révélations surprenantes.

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Et que serait un Transformers sans la maestria visuelle de son réalisateur ? Encore une fois le bonhomme nous en met plein la vue avec des scènes d’action spectaculaires truffées d’effets spéciaux impressionnants, d’explosions pétaradantes et de combats titanesques entre robots. Maîtrisée de bout en bout , la mise en scène de Michael Bay multiplie les moments de bravoure, les ralentis joussifs et à le mérite d’offrir des plans parfois ahurissants de beauté. En plus de s’être fait plaisir avec ce budget de 210 millions de dollars, Bay s’amuse à parsemer son film de placements de produits tellement grossiers qu’ils en deviennent drôles (Victoria Secret, Oreo, Beats Audio…) et de clins d’oeil cinéphiles à Die Hard (un Autobot crie Yippee ki-yay !) à Pacific Rim (nom du héros, design Galvatron, Dinobots) ainsi que Man of Steel (vaisseau qui attire les objets et les relâche). Petit bémol en revanche, une bataille finale pas aussi épique que celle du précédent épisode.

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Sam Witwicky et sa clique ont beau avoir squatté l’affiche des 3 premiers Transformers, on les oublie assez rapidement en faveur de ce nouveau casting rafraîchissant. Mark Wahlberg s’en tire sans problèmes, reprenant avec brio la franchise sur ses épaules. Comme dit plus haut une jolie relation père-fille se tisse entre lui et Nicola Peltz et ses derniers peuvent compter sur la présence de Jack Reynor pour les épauler. Une présence qui ne va pas ravir Cade dans un premier temps étant donnant qu’il s’agit du petit ami de sa fille ! Côté bad guys, on retrouve un Kelsey Grammer excellent dans le rôle d’un agent de la CIA paranoïaque et frontalement anti-Transformers. Titus Welliver (Argo) en impose également sous les traits de Savoy, leader impassible d’une unité baptisée Vent de Cimetière. Il y enfin un Stanley Tucci en roue libre en scientifique arrogant et psycho-rigide qui contribuera au final beaucoup à l’humour du film.

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En ce qui concerne les Autobots, ils ne sont plus que 5 et cela fait plaisir de voir une équipe limitée clairement identifiable où l’on va pouvoir retenir les noms et surtout s’attacher à tous et pas seulement à Optimus Prime et Bumblebee. Outre ces deux-là l’équipe se voit apparaître de nouveaux Autobots qui sont Hound (John Goodman), Drift (Ken Watanabe) et Crosshairs (John DiMaggio). Pour venir à bout des Transformers qui seraient encore vivant, la CIA a fait appel à un chasseur de primes inter-galactique du nom de Lockdown qui est probablement le bad guy le plus stylé et le plus charismatique de la franchise. Il insuffle une bonne dose de badassitude au film avec son apparence évoluée, son vaisseau géant et ses grenades qui provoquent des explosions aussi dévastatrices qu’orgiaques. Réclamés depuis longtemps par les fans, les Dinobots sont enfin de la partie et promettent d’intensifier les affrontements avec leurs faux-airs de Kaijus. Dommage que leur intervention soit si tardive mais l’image d’un Optimus Prime chevauchant armé d’une épée Grimlock est juste mythique. Elle m’a beaucoup fait pensé à l’affiche de La Planète des Singes: L’Affrontement où l’on voit César au dos d’un cheval qui hurle en brandissant un fusil.

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Un nouveau casting rafraîchissant, un scénario plus abouti, des effets spéciaux toujours aussi bluffants, des scènes d’action toujours plus explosives, Transformers: L’Âge de l’Extinction annonce du bon pour l’avenir de la franchise qu’on espère encore plus épique ! 

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Les plus

  • Le nouveau casting
  • Des plans stylés
  • La photographie
  • Très spectaculaire
  • Lockdown
  • Les Dinobots…

Les moins

  • …même si leur intervention est tardive
  • Bataille finale en deça de celle du 3

7,5/10

La bande-annonce:

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Vous les attendiez, ils reviennent ! Sylvester Stallone et toute sa bande de joyeux trublions vous donnent rendez-vous le 7 août prochain pour découvrir le 3e opus de la désormais culte saga Expendables . Prévu outre-Atlantique en salles le 15 août, l’équipe du film profite de l’édition 2014 de la fameuse Comic-Con de San Diego pour dévoiler 16 affiches-personnages pour le moins flashy, comme si nos mercenaires préférés revenaient tout droit d’une partie de paintball !

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  • Big Bad Wolves
  • Ecrit et réalisé par Ahron Keshales et Navot Papushado
  • Avec Lior Ashkhenazi, Rotem Keinan, Tzahi Grad, Doval’e Glickman, Dvir Benedek
  • Israël, 2 juillet 2014, 1h50
  • Thriller, Comédie dramatique
  • INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS

Une série de meurtres d’une rare violence bouleverse la vie de trois hommes : le père de la dernière victime qui rêve de vengeance ; un policier en quête de justice qui n’hésitera pas à outrepasser la loi ; et le principal suspect – un professeur de théologie arrêté et remis en liberté suite aux excès de la police. Forcément, ça ne peut pas donner une enquête classique…

Ahron Keshales et Navot Papushado sont un duo de réalisateurs connus pour avoir signé le premier film d’horreur jamais réalisé en Israël: Rabies, un slasher sorti directement en DVD chez nous le 2 janvier 2013. Ils nous reviennent un an plus tard et cette fois-ci au cinéma avec Big Bad Wolves, un second long-métrage particulièrement apprécié par Quentin Tarantino qu’il a qualifié de “meilleur film de l’année”, une citation fièrement arborée sur l’affiche du film.

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" Les Mauvais, Les Brutes et Les Truands "

Même si bien évidemment nous n’avons pas affaire au meilleur film de l’année, Big Bad Wolves est un film plutôt plaisant malgré l’âpreté du sujet: une vague de meurtres qui vise les jeunes filles après qu’elles aient été droguées et violées. Et pour couronner le tout, le serial killer garde leur têtes en guise de trophées, rendant leur enterrement impossible et le deuil des familles encore plus douloureux. Professeur de théologie binoclard, Dror (Rotem Keinan) est le principal suspect de cette affaire et va malgré tout être relâché. La cause ? Miki (Lior Ashkenazi) un flic qui n’a pas hésiter à le tabasser en quête d’aveux, une bavure qui a surtout précipité son licenciement. Mais vu que Miki est un homme qui suit toujours son instinct, il continue de traquer Dror en vue de le kidnapper mais est rattrapé par Gidi (Tzahi Grad), le père de la dernière victime en date qui est également persuadé de sa culpabilité. Pris au piège, le professeur finira ligoté dans la cave du père.

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L’idée vous aura probablement traversé l’esprit, Big Bad Wolves n’est pas s’en rappeler l’excellent Prisoners de Denis Villeneuve où un père interprété par Hugh Jackman se lançait lui aussi dans l’auto-justice en kidnappant Paul Dano qu’il suspectait d’avoir enlevé sa fille, afin de déverser sur lui son courroux paternel. Sauf que Big Bad Wolves est un Prisoners plus fun et surtout plus violent. Ongles brutalement arrachés, main percutée au marteau, torse brûlé au chalumeau…, les réalisateurs ne se sont pas gênés pour offrir au spectateur quelques scènes de tortures sadiques qui sont par ailleurs parsemées de dialogues cinglants et de séquences d’humour qui sont toujours les bienvenues. Outre ses scènes de violence, l’atmosphère glauque du film est habituée par une mise en scène stylisée (gros plans inquiétants, zooms et travellings stressants, lieux sombres et lugubres) ainsi qu’une musique tonitruante qui finit par nous oppresser nous aussi.

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Niveau casting, on a le chance de voir en action en quatuor de comédiens irréprochables. Papa vengeur impitoyable ou flic au caractère impétueux, Tzahi Grad et Lior Ashkenazi sont excellents, de même que Roteim Keinan qui joue parfaitement l’ambiguïté pour constamment faire douter le spectateur sur son innocence ou sa culpabilité. On retrouve enfin à l’affiche l’acteur Doval’e Glickman qui interprète le père de Gidi qui, arrivé par inadvertance, va lui aussi prendre un malin plaisir à torturer Dror, donnant même quelques conseils à son fils. Plus qu’une comédie horrifique, Big Bad Wolves peut également se voir comme une satire d’une société israélienne où la manière des événements du film la violence se répand de manière tentaculaire: de manière physique (violences policières, meurtres en séries, plongée perverse dans l’auto-justice et tortures) et également verbale: (relations de genre et familiales conflictuelles, ressentiments des Israéliens envers les Arabes).

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Big Bad Wolves est une farce délurée et oppressante qui amuse autant qu’elle nous met dans un état inconfortable. Le film n’en demeure pas moins à un thriller sombre à la tension et au suspense impeccablement maintenu qui décrit une société israélienne dominée par la violence. Pas le film de l’année, mais une bonne surprise !

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Les plus

  • Le casting
  • La réalisation
  • La musique
  • Aussi drôle que stressant

Les moins

  • Pas le meilleur film de l’année
  • Des longueurs

7/10

La bande-annonce:

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Nouvelle galerie d’affiche avec comme d’habitude les liens des bandes-annonces sur les titres !

Before I Go to Sleep

The Judge

The Captives

Child of God

The Damned

The Equalizer

Expendables 3

The Good Lie

Les Gardiens de la Galaxie (Guardians of the Galaxy)

Good People

Hector and the Search of Happiness

Hercule 

Dragons 2 (How to Train Your Dragon 2)

The Longest Week 

Magic in the Moonlight

Paradise Lost

The Prince

Les Poings contre les murs (Starred Up)

Young Ones

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  • Blue Ruin
  • Ecrit et réalisé par Jeremy Saulnier
  • Avec Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves, Kevin Kolack
  • Etats-Unis, 9 juillet 2014, 1h32
  • Drame, Thriller
  • INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu’il retourne à sa maison d’enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

Présenté en avant-première à la Quinzaine des réalisateurs lors de l’édition 2013 du Festival de Cannes, Blue Ruin à eu l’honneur de repartir avec le prix FIPRESCI décerné par la Fédération international de la presse cinématographique. Deuxième film du réalisateur Jeremy Saulnier après la comédie horrifique Murder Party, il est à l’affiche depuis le 9 juillet 2014.

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" Blue Rover "

Pour son deuxième long-métrage Jeremy Saulnier nous invite à suivre le personnage de Dwight Evans, un vagabond solitaire, un SDF aux vêtements sales, à la chevelure et barbe hirsutes qui erre sans aucun autre but que celui de survivre. Il s’agit d’un homme qui a tout perdu, contraint de dormir dans sa vieille voiture, de fouiller dans les poubelles pour se nourrir ou se vêtir ou s’il a de la chance, trouver un logement où les propriétaires sont absents pour pouvoir se servir. Le réalisateur parvient à créer dès les premiers instants du film un contraste assez fort qui parvient à nous frapper d’emblée: on a face à nous cet homme dégueulasse et paumé qui déambule dans des environnements quant à eux sublimés par un sens du cadre éminemment inspiré ainsi qu’une photographie pour le moins impeccable. Etant seul et sans repères, la société est devenue pour Dwight un lieu impersonnel où il faut de nouveau tout apprendre, une falaise à grimper pour pouvoir sans sortir, cette dernière ayant la fâcheuse manie d’ignorer les marginaux et les laissés-pour-compte dans son genre qui malgré leur discrétion, sont bien vivants.

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Dwight est à l’image de sa voiture: une carcasse, une épave, une ruine. Un homme qui a vécu tout un tas d’événements et qui aujourd’hui est en pleine déchéance et tente malgré tout d’aller de l’avant pour ne pas mourir inutilement. Contrairement au personnage de Guy Pearce dans The Rover, sa voiture n’est pas son bien le plus précieux pour lequel il pourrait traquer le pays tout entier pour la retrouver. Non on lui a enlevé quelque chose de beaucoup plus attachant et malheureusement non renouvelable: ses parents. Et comme si les galères ne suffisaient pas à Dwight, on lui apprend que leur assassin va être remis en liberté. Bouleversé par cette nouvelle qu’il reçoit comme un électrochoc, il ne lui en faut pas plus pour emprunter le violent chemin de la vendetta. Si l’on assistait avec The Rover à la vengeance d’un vagabond violent et misanthrope, Blue Ruin nous montre celle d’un homme maladroit non habitué à utiliser une arme et qui découvre réellement ce qu’est la violence et les conséquences qui en découlent. Il se retrouve alors engouffré dans une spirale de violence par ailleurs dominée par la loi du talion où chaque partie n’est pas décidée à se laisser faire.

Jeremy Saulnier dépeint avec brio le parcours d’un homme qui bien qu’il ai choisi délibérément de venir à bout de l’assassin de ses parents ne va plus vivre cette vengeance mais plutôt la subir, conscient des répercussion que cela implique. Volontaire au début c’est finalement à contre-cœur qu’il continue car il ne peut plus reculer, prisonnier de ce qu’il a lui-même engrangé. Dans le rôle de Dwight, l’inconnu Macon Blair manie son rôle à la perfection et au travers de scènes plus intimistes se révèle même bouleversant. En plus de Dwight et de sa voiture cette “ruine bleue" pourrait signifier la misère sociale qui touche bon nombre d’individus aux Etats-Unis ainsi que le déchaînement de violence qui s’y produit, un déchaînement alimenté par la prépondérance d’armes à feu. C’est enfin la définition du film, teinté d’une ambiance chatoyante et violente, une atmosphère bleutée et sombre d’où découle une peinture sociale et humaine aigre-douce.

Âpre et sans concession, Blue Ruin est un thriller captivant à la beauté technique renversante. Un portrait fascinant et moribond d’une Amérique en pleine déchéance, formidablement porté par Macon Blair qui à l’image du réalisateur est un homme à suivre de près.

Les plus

  • Macon Blair
  • La réalisation
  • La photographie
  • La musique “No Regrets”
  • Le dernier plan

Les moins

  • Un rythme lent qui peut rebuter 

7,5/10

La bande-annonce:

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  • 21 & Over
  • Ecrit et réalisé par Jon Lucas et Scott Moore
  • Avec Miles Teller, Justin Chon, Skylar Austin, Sarah Wright, Francois Chau
  • Etats-Unis, 2 juillet 2014, 1h33
  • Comédie

Deux jeunes amis emmènent un de leurs camarades, qui célèbre ses 21 ans, dans une grande fête de carabins. Mais quand une bière en débouche sur une autre, la soirée tourne à la débauche. Personne n’est prêt d’oublier les événements pathétiques qui vont en découler…

Sorti aux Etats-Unis le 1er mars 2013, la comédie 21 & Over n’a pas eu le privilège d’être projeté dans les salles de cinéma françaises puisqu’elle bénéficie directement d’une sortie en DVD et en Blu-Ray le 2 juillet 2014. Mais alors pourquoi s’attarder sur ce direct-to-dvd en particulier ? Et bien parce qu’il s’agit de la première réalisation de Jon Lucas et Scott Moore, autrement dit les scénaristes du cultissime Very Bad Trip. Ont-ils conçus un film aussi drôle que ce dernier ?

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Le film

"Project Hangover"

21 & Over se focalise sur Jeff Chang (Justin Chon, Twilight) qui comme le titre l’indique vient d’avoir 21 ans, autrement dit l’âge de la fin de l’adolescence et du début des responsabilités. La preuve avec cet important entretient qu’il doit passer dans une école de médecine le lendemain. Mais 21 ans c’est surtout l’âge légal pour pouvoir acheter et boire de l’alcool en toute légalité, un détail que ses deux meilleurs amis Miller (Miles Teller, Divergente) et Casey (Skylar Austin, The Hit Girls) ne vont pas manquer de lui rappeler. Ils vont bien évidemment profiter de l’occasion pour entraîner leur ami lors d’un barathon déjanté. Vous l’aurez j’imagine constatez vous-même, 21 & Over est une comédie pour ados qui s’appuie une nouvelle fois sur un scénario vu et revu qui a force ne prend plus et fini par laisser. Outre la présence de Miles Teller au casting, on pense pas mal à Projet X avec cette histoire de 3 potes embarqués dans une soirée qu’ils veulent à tout prix mémorable. Rien d’étonnant donc au fait que la virée nocturne dérape à un moment.

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Si vous visionnez 21 & Over sans savoir que les réalisateurs sont les scénaristes de Very Bad Trip, et bien il y a des chances pour que vous finissiez par le devinez par vous-mêmes. Et pour cause: complètement bourré à force d’enchaîner les pintes, Jeff Chang frise le coma éthylique et ses deux amis préfèrent le ramener chez lui. Sauf que Miller et Casey n’ont aucune idée du lieu de son domicile et se lancent à corps perdus dans un jeu de piste pour tenter de retrouver sa maison. Une histoire qui n’est pas s’en rappeler les mésaventures de Phil, Stu et Alan qui tentaient eux de retrouver leur ami Doug disparu pour le ramener a leur hôtel à Las Vegas. Jon Lucas et Scott Moore ont visiblement eu du mal à s’écarter de ce hit désormais devenu culte et vont même jusqu’à proposer une conclusion plutôt ressemblante où les protagonistes se rendent compte à la dernière minute de leur bêtise et de la facilité avec laquelle ils auraient pu mettre un terme à cette course contre la montre. Malheureusement pour nous, on avait déjà tout deviné.

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On n’échappe pas non plus à une romance gentiment prévisible entre Skylar Austin et Sarah Wright, à la morale qui incite à choisir nous-même le chemin que nous voulons emprunter dans notre vie mais malgré tout, 21 & Over n’est pas une comédie foncièrement horripilante ou désagréable à regarder. Les comédiens sont plutôt sympathiques et présentent une belle alchimie à l’écran. Justin Chon se lâche et s’investit totalement dans son rôle d’étudiant bourré qui quand il n’est pas en train de pioncer devient incontrôlable. Il faut enfin avouer que quelques gags font mouche, notamment l’épreuve des Couloirs du PouvoirsMiller et Casey se mettent à leur tour à mal à travers une série de défis et de jeu à boire pour le moins loufoques. En somme malgré des moments franchement drôles, 21 & Over peinent à convaincre de par sa prévisibilité et surtout souffre de la comparaison avec des comédies à succès comme Very Bad Trip et Projet X. Un premier film décevant donc.

5/10

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Le Blu-Ray 

21 & Over est édité chez TF1 Vidéo

  • La technique

Rien à ne redire sur la qualité technique du Blu-Ray qui propose une copie plutôt propre, deux pistes audio 5.1 VF et VO ainsi qu’une piste audio 3D qui permet de prolonger l’expérience sonore de ce film festif, à condition d’avoir le casque adéquat. Petit conseil: privilégiez le film en VO, comme à son habitude, la VF laisse franchement à désirer.

7,5/10

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  • Les bonus

Outre le traditionnel bêtisier propre à chaque comédie, on retrouve côté bonus deux pauvres featurettes concentrées sur les degrés d’ébriétés du personnage de Justin Chon ainsi qu’à l’épreuve des Couloirs de la Mort. Deux courtes vidéos promotionnelles qui auraient pu être balancées sur Youtube au lieu de figurer sur le Blu-Ray qui manque de véritables making-of, interviews et surtout de commentaires du réalisateurs. Rien d’interresant ou d’enrichissant donc.

3/10 

La bande-annonce:

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  • Nos pires voisins (Neighbors)
  • Réalisé par Nicholas Stoller
  • Ecrit par Andrew J. Cohen et Brendan O’Brien
  • Avec Seth Rogen, Zac Efron, Rose Byrne, Dave Franco, Christopher Mintz-Plasse, Jerrod Carmichael, Ike Barinholtz, Carla Gallo, Lisa Kudrow, Hannibal Buress
  • Etats-Unis, 6 août 2014, 1h37
  • Comédie

Les déboires de jeunes parents condamnés à vivre à côté du QG d’une confrérie étudiante. 

Prévu dans nos salles le 6 août 2014, Nos Pires Voisins (Neighbors) est la quatrième comédie réalisée par Nicholas Stoller après Sans Sarah rien ne va en 2008, son spin-off American Trip sorti deux ans plus tard et enfin la comédie romantique 5 ans de réflexion. Cette fois-ci pas de Jason Segel ou de Jonah Hill au casting mais un autre acteur de la Bande à’Patow, j’ai nommé Seth Rogen qui revient en grande forme après sa première réalisation, la comédie apocalyptique C’est la fin.

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" Neighbors Wars "

J’étais très impatient de découvrir Nos Pires Voisins, d’un côté parce que le film est porté par Seth Rogen qui est probablement mon acteur comique préféré et de l’autre car je m’intriguais de savoir comment une comédie basée sur un conflit de voisinage allait tenir sur la durée sans finir par être ennuyeuse ou redondante. Signée de la plume des scénaristes Andrew J. Cohen et Brendan O’Brian qui officient pour la première fois sur un long-métrage, Nos Pires Voisins est au contraire une comédie fun et très bien écrite. Tout d’abord le film dépeint avec humour le quotidien de Mac et Kelly Radner (Seth Rogen et Rose Byrne, Mariage à l’anglaise), jeune couple qui doit gérer la naissance de leur premier enfant, une fonction loin d’être facile qui fait qu’ils souvent dépassés par les événements en plus d’être éloignés de leurs amis. Mais les choses vont se compliquer lorsque juste à côté de leur domicile, une confrérie étudiante vient de poser bagages avec comme objectif de s’éclater comme jamais. Si le couple vient dans un premier temps gentiment leur demander de baisser le son tout en essayant de se la jouer cool, le jour où ils appellent la police excédés signe le début de la guerre entre les deux camps… et le début des emmerdes !

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Du côté de la fraternité étudiante on retrouve un certain Teddy (Zac Efron, Paperboy) qui dresse en compagnie de son meilleur ami et acolyte Pete (Dave Franco, Insaissisables) une équipe de joyeux trublions prêts à faire la fête sans limite et à tout faire pour pouvoir eux aussi rentrer dans la légende de la confrérie Delta Psi Beta. Autant dire qu’ils n’y vont pas de main morte pour se venger de la petite famille, ils multiplient en effet les soirées toujours plus extravagantes, poussent la musique à fond, dégueulassent leur jardin et ne manquent pas à une occasion pour les ridiculiser. Rassurez-vous, le couple Radner ne compte pas se laisser faire et part véritablement en mission contre l’ennemi à recours de stratagèmes et d’attaques ciblées pour le moins loufoques. Le spectateur assiste alors à un affrontement aussi tenace qu’amusant, gorgé de répliques cultes et de situations déjantées et trash, avec en prime bon nombre de références qui raviront les cinéphiles et les sériephiles.

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Ce conflit rocambolesque, Nicholas Stoller le film avec panache et inventivité et livre une mise en scène solide qui offre des plans stylés, des gags visuels étonnants et parvient à maintenir un rythme toujours propice à maintenir notre intérêt et notre enthousiasme. Agaçantes pour le jeune couple, les soirées estudiantines sont loin de l’être pour le spectateur lorsque le réalisateur s’y attarde. On finit en effet par être totalement immergé dans cette ambiance délurée où s’illustres de plaisants effets et jeux de couleurs. Ajouter à cela à une bande son des plus efficaces et qui continue d’étaler sa palette efficace en dehors de ces soirées. Missy Elliot, Fergie, Ke$ha, Flo Rida, K’Naan ou encore Nappy Roots, il y en a pour tous les goûts.

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L’alchimie entre Seth Rogen et Rose Byrne crève l’écran, leur duo fonctionne à merveille et nous promettent tous deux de bons moments de franche rigolade en échafaudant leurs plans improbables. Et Zac Efron prouve aux récalcitrants qu’il s’agit d’un véritable acteur, faisant preuve d’une folie et d’une drôlerie pour le moins surprenantes. Pas seulement désopilants, ces personnages sont également touchants grâce à un point commun qui les unit: la perte de la jeunesse et le passage à l’âge adulte. Avant même d’être envahi par la fraternité, la vie du couple Radner était déjà bouleversée avec cette nouvelle maison et la petite Stella, le quotidien est rempli de responsabilités et laissent peu de place aux loisirs que l’on pouvait avoir autrefois. Quant à Teddy c’est un étudiant paresseux qui ne trouve satisfaction que dans la fête et dans la démesure et qui se retrouve bien embêté lorsqu’il s’agit de parler d’avenir et de travail, à l’image de la scène où il se fait rembarrer par un conseiller ou encore lors d’une dispute avec Pete où Efron dévoile de plus belle la facette fragilisée de sa personnalité. Les deux camps s’affrontent sans relâche dans cette guerre des voisins pour ne pas perdre la face et conserver encore un peu cette âme juvénile avant qu’elle ne disparaisse complètement. Pour finir le casting se complète joliment par la présence de Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass 2), Ike Barinholtz ou encore l’ex-Friend Lisa Kudrow.

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Nicholas Stoller signe avec Nos Pires Voisins une comédie intelligemment écrite, truffée de vannes hilarantes et de gags inventifs devant lesquels vous passerez un bon moment. Le casting n’est pas en reste et déploie toute sa puissance comique pour donner vie à cette guerre sans merci mais avec des fous-rires !

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Les plus

  • Le couple Seth Rogen et Rose Byrne
  • Zac Efron en roue libre
  • Des gags à la pelle
  • Les musiques
  • La réalisation

Les moins

  • Sortie trop tardive

8/10

La bande-annonce:

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Fury

Birdman

Juillet de sang (Cold in July)

La Planète des Singes: L’Affrontement (Dawn of the Planet of the Apes)

Dracula Untold

The Equalizer

Frank vs. God

Get On Up

Hercule (Hercules)

The Interview

Love is Strange

Lucy

American Nightmare 2: Anarchy (The Purge: Anarchy)

The Search

Transformers: L’Âge de l’Extinction (Transfomers: Age of Extinction)

Zero Theorem

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  • Under the Skin
  • Réalisé par Jonathan Glazer
  • Ecrit par Walter Campbell
  • Avec Scarlett Johansson, Adam Pearson, Jeremy McWilliams, Krystof Hadek
  • Royaume-Uni, 25 juin 2014, 1h47
  • Science-fiction, Thriller, Drame
  • AVERTISSEMENT

Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître

13 ans après Sexy Beast et 10 ans après Birth, Jonathan Glazer réalise son 3e film avec Under the Skin, adaptation cinématographique du roman éponyme signé Michel Faber. Un premier film de science-fiction notamment distingué au Festival de Telluride.

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"Her"

Prochainement à l’affiche de Lucy, nouveau film de science-fiction de Luc Besson, la sublime Scarlett Johansson (Her, Captain America 2) reste dans le genre avec Under the Skin où elle campe non pas une super-héroïne mais une extraterrestre. Envoyée sur Terre, elle s’est dégotée un corps d’humaine pour se fondre dans la masse et le moins que le puisse dire, c’est que l’alien arbore une apparence plutôt sexy avec sa chevelure ténébreuse, ses lèvres pulpeuses rouges et ce visage angélique. Comme l’annonce le pitch, sa mission sur la planète bleue consiste à séduire les hommes afin de les faire disparaître. Le film a beau se résumer en une phrase, il est en réalité bien plus consistant que cela. Avec Under the Skin, le réalisateur nous convie à participer à une véritable expérience sensorielle qui se renouvelle à chaque instant.

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Jonathan Glazer sublime à travers des plans larges l’Écosse en soulignant la beauté et la fougue de ses paysages naturels, opte pour une esthétique plus expérimentale en utilisant des décors épurés dignes d’installation techniques d’art contemporain, un sentiment renforcé par l’excellent travail sonore fourni, une partition musicale d’une beauté âpre ainsi qu’une multitude d’effets visuels pour le moins séduisants. Le film s’abreuve également d’une ambiance chatoyante gorgée de jeux de lumières astucieux et d’images à la fois énigmatiques et iconiques. A la manière de l’extraterrestre qui attire les hommes vers son sas sombre et fatal, le réalisateur invite le spectateur dans une nouvelle dimension. Dans cette antre d’un nouveau genre, elle effectue une sorte de danse nuptiale, une ballade sensuelle et magnétique où les hommes sont obligés de suivre ses mouvements, sans se douter une seule seconde qu’ils finiront noyés dans une substance noire, sorte de piscine morbide où les corps se décomposent de manière terrifiante et attrayante. Le spectateur aussi finit par être noyé dans ce nouveau monde à l’atmosphère dérangeante, violente mais avant tout fascinante.

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Under the Skin est scindable en deux parties: la première où l’alien sillonne les routes à la rechercher d’un bon gibier masculin et intéressé et la seconde où suite à un événement notable, elle finit par prendre conscience de son humanité, de son corps et des sens qui sont propres à chacun. Perpétuellement sur le chemin de la découverte, voila que le dégoût, l’appréhension, le désir, la surprise ou encore la peur viendront s’imbriquer en elle. On ne peut que saluer l’excellente performance de Scarlett Johansson qui se montre tout simplement remarquable, sensuelle et hypnotisante. En maniant ce rôle d’extra-terrestre succube et tentatrice, elle parvient à développer une psyché fragile et touchante de son personnage et fait même preuve d’une grande audace qui renforce sa composition.

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Lorsqu’elle traquait ses victimes, son choix se portait toujours vers des hommes solitaires qui appréciaient alors qu’une jolie “jeune femme” veuille bien passer du temps avec eux. La solitude (sujet déjà abordé dans Her) semble donc être un thème important que le réalisateur a voulu souligner, surtout que le personnage de Scarlett Johansson se retrouve dans cette même situation, coincée au milieu d’un monde qu’elle ne connaît et qui semble même pour le spectateur véritablement étranger,tant l’attachement pour le personnage grandit. Elle a beau avoir le contrôle au premier abord, il s’agit elle aussi d’une âme terriblement solitaire, un statut qui atteint son paroxysme lors des dernières minutes, inoubliables. Enfin, le fait que les passants s’arrêtent à sa plastique généreuse permet de faire un écho où dans la vraie vie, l’actrice à souvent été jugée à la simple vue de son physique. Sous cette peau, la femme est en réalité une extra-terrestre mais qui vera naître chez elle de véritables sentiments humains. Et sous cette étiquette de bimbo qu’on lui colle, Scarlett Johansson est en réalité une actrice des plus talentueuses.

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Under the Skin est un trip expérimental fascinant, une expérience sensorielle hors du commun, un film de science-fiction aux photographie et esthétique renversantes. Un film majestueux et psychédélique qui prouve une nouvelle fois que Scarlett Johansson est faîte pour les films audacieux.

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Les plus

  • Scarlett Johansson 
  • La réalisation
  • La photographie
  • Le travail sonore
  • Captivant

Les moins

  • Difficile d’accès pour le grand public
  • Quelques longueurs

8/10

La bande-annonce:

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  • Locke
  • Ecrit et réalisé par Steven Knight
  • Avec Tom Hardy, Olivia Colman, Ruth Wilson, Andrew Scott, Ben Daniels, Tom Holland, Bill Milner, Alice Lowe
  • Royaume-Uni, Etats-Unis, 1h25
  • Drame, Thriller

Promis à un futur brillant, Ivan Locke voit sa vie basculer le jour où un coup de téléphone menace sa famille et sa carrière.

6 ans après avoir signé le script des Promesses de l’ombre de David Cronenberg, Steven Knight réalisait son premier long-métrage avec Crazy Joe, thriller par Jason Statham (Homefront). Le futur scénariste de la suite de World War Z revient une nouvelle fois derrière la caméra avec un second long-métrage intitulé Locke, mettant en scène un autre acteur britannique en la personne de Tom Hardy (Des Hommes sans loi).

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" The Road "

Avec Locke, le réalisateur Steven Knight plonge le spectateur in medias res dans son film, c’est-à-dire en plein cœur de l’action où les renseignement nécessaires à la compréhension de l’oeuvre seront délivrés au fur et à mesure. On nous présente tout d’abord un homme (Tom Hardy) au volant de sa voiture et qui vogue de nuit vers une destination inconnue. Il se nomme en réalité Ivan Locke, il est marié et père de famille et il occupe le poste de contremaître. Seul dans cette traversée nocturne, son seul passe-temps consiste à téléphoner et à lui-même répondre aux coups de fil qu’on lui passe. Cependant l’un d’entre eux risque fort d’engranger une situation irréversible mettant à mal aussi bien sa vie privée que professionnelle.

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Crazy Joe était un thriller noir aux versants romantiques, Locke s’érige quant à lui en film expérimental en additionnant le road-movie au huis-clos. Quelle fut ma surprise lorsque j’ai constaté que l’intégralité de l’action se déroulerait dans cette voiture avec Tom Hardy au volant ! Il s’agit d’ailleurs du seul acteur visible à l’écran, tous les autres acteurs ont donc interprété leur rôle en ne prêtant que leur voix. Un véritable exercice de style qui risque d’en rebuter plus d’un mais qui personnellement a réussi à me séduire. Le scénario est bien ficelé et parvient au travers de conversations téléphoniques et de monologues de toujours plus immerger le spectateur dans l’intimité du personnage principal, confronté à des choix et des décisions toujours plus importantes. Tom Hardy porte littéralement le film sur ses épaules et livre une performance à la fois remarquable, attachante et complexe où il parvient sans problème à développer la psyché vulnérable de son personnage, désormais décidé à prendre en main des responsabilités qui commencent à sérieusement peser.

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En adoptant une mécanique bien huilée qui favorise le suspense ainsi que des dialogues soignés qui s’accordent quelques touches d’humour, Steven Knight rend son film pour le moins immersif. Une immersion renforcée sa réalisation efficace qui multiplie les axes et les effets visuels, conférant au film une belle ambiance à la fois dynamique et lumineuse. De plus, les acteurs non visibles sont tous excellents et donnent plus que jamais de l’authenticité aux conversations téléphoniques. Qu’il s’agisse de la femme de Locke (Ruth Wilson, Lone Ranger), son fils (Tom Holland, How I Live Now) ou encore de son collègue Donal (Andrew Scott, Sherlock) leur interprétation est si juste que leur présence nous paraît palpable.

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Intelligent, audacieux et immersif, Locke est un film expérimental passionnant en forme de road-movie moribond où l’excellent Tom Hardy nous compose un personnage qui en pleine déchéance tente de retrouver une ascension morale, et ce quitte à décevoir ses semblables. Une très bonne surprise qui ne laisse pas indifférent, que l’on apprécie ou non.

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Les plus

  • Tom Hardy
  • Les dialogues
  • Immersif
  • Les touches d’humour
  • Un exercice de style séduisant…

Les moins

  • … mais qui risque d’en rebuter plus d’un

7,5/10

La bande-annonce:

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  • The Rover
  • Ecrit et réalisé par David Michôd
  • Avec Guy Pearce, Robert Pattinson, Scott McNairy, David Field
  • Etats-Unis, Australie, 4 juin 2014, 1h42
  • Drame, Science-fiction, Western
  • INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue…

Le réalisateur australien David Michôd réalisait en 2010 le drame policier Animal Kingdom, un premier film largement apprécié par la critique et auréolé de bon nombre de récompenses. 4 ans plus tard, il signe son deuxième film intitulé The Rover sélectionné hors-compétition au Festival de Cannes et projeté lors des Séances de minuit.

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" Mad Eric "

The Rover plonge le spectateur en plein cœur du bush australien et ses paysages désertiques aussi dépouillés qu’arides. A la manière du soleil tapant qui berce ces environnements, David Michôd pose sa lumière en donnant un coup de projecteur sur ces régions reculées d’Australie frappée par une misère sociale probante. La vague de pauvreté s’unie à celle de la poussière, les comportements marginaux se multiplient au même titre que la violence, le moindre bien que l’on possède devient d’une valeur inestimable, on a face à nous un monde métamorphosé en jungle dominée par les rapports de force

Il nous invite également à suivre le personnage d’Eric (Guy Pearce)  qui se voit dérober la seule chose qui lui reste: sa voiture. C’est alors qu’il s’embarque dans une vendetta impétueuse en compagnie de Rey (Robert Pattison), un des membres du gang laissé pour mort. Une histoire minimaliste à l’image des décors que David Michôd sublime à travers des plans magnifiques. Mais en parvenant à insuffler à son film une ambiance particulièrement noire et misanthrope, l’environnement nous paraît aussi sublime que dérangeantThe Rover est un road-movie désespéré où deux âmes torturées s’embarquent dans une pente toujours plus dangereuse et sauvage où il est primordial de chasser sous peine d’être chassé. En résulte ces scènes de fusillades qui ne lésinent aucunement sur l’hémoglobine, témoignant de l’explosion de la violence dans sa manière la plus brutale et la plus sèche.

Dans son rôle de vagabond barbu et violent qui n’a plus rien à perdre, Guy Pearce livre une interprétation sans faille qui rend son personnage aussifascinant que terrifiant. Avec lui on retrouve un Robert Pattinson tout simplement renversant et méconnaissable dans le rôle de Reyfrère un poil attardé d’un des membres du gang. S’il agissait premièrement sous la contrainte d’Eric voulant à tout prix récupérer sa voiture, va naître chez eux unevéritable entraide, une alliance nécessaire si l’on veut continuer à perdurer sur ce chemin sinistre qui les entoure. 

The Rover est un western post-apocalyptique à la beauté âpre et rugueuse, une ballade funèbre embrasée par la chaleur et gorgée de tableaux à la fois majestueux et cinglants où Guy Pearce et Robert Pattinson prouvent l’immensité de leur talent.

Les plus

  • Guy Pearce
  • Robert Pattinson
  • Plans magnifiques
  • Sans concessions
  • La musique

Les moins

  • Intrigue inconsistante

7,5/10

La bande-annonce:

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  • Edge of Tomorrow
  • Réalisé par Doug Liman
  • Ecrit par Christopher McQuarrie, Jez et John-Henry Butterworth
  • Avec Tom Cruise, Emily Blunt, Brendan Gleeson, Bill Paxton
  • Etats-Unis, Australie, 4 juin 2014, 1h53
  • Action, Aventure, Science-fiction, Guerre

Dans un futur proche, des hordes d’extraterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…

Connu pour avoir réalisé La Mémoire dans la peau (2002), Mr & Mrs Smith (2005) qui a réuni Brad Pitt et Angelina Jolie à l’écran comme dans la vie et plus récemment Fair Game (sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2010), Doug Liman signe son 8e long-métrage avec Edge of Tomorrow, adaptation live du light novel (roman young adult japonais) All You Need is Kill de Hiroshi Sakurazaka. A noter qu’une adaptation manga illustrée par Takeshi Obata (Death Note) a également vu le jour et dont le premier tome sera disponible en France le 25 juin 2014.

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" A Good Day To Die Hard "

Tom Cruise en tant que sauveur de l’humanité, c’est probablement la fonction la plus présente sur son CV et son nouveau film Edge of Tomorrow n’échappe pas à cette règle. Ce qui est amusant en revanche c’est que ce dernier joue le rôle de William Cage, un commandant un peu lâche qui n’a jamais combattu de sa vie et qui préfère s’enfuir lorsqu’on lui annonce qu’il va devoir lui aussi affronter les Mimics, race d’aliens ayant envahi la Terre et acteurs d’une guerre sans merci contre l’humanité. Réduit au statut de simple recrue et envoyé au casse-pipe contre son gré, il meurt au bout de quelques minutes seulement mais est recouvert du sang de l’ennemi qui lui procure une faculté notable: celle de ressusciter instantanément et de revivre cette même journée quelque peu mouvementée.

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On aurait pu craindre au vu du pitch que le film se complaise dans un caractère redondant qui aurait fini par nous ennuyer mais fort heureusement il n’en est rien. Le scénario d’Edge of Tomorrow est bien ficelé et invite le spectateur dans une aventure mouvementée et riche en rebondissements, s’accordant même quelques touches d’humour. Attendez-vous à voir Tom Cruise mourir un nombre incalculable de fois au combat mais le fait de revivre constamment la même journée lui permet en même temps d’anticiper les attaques des Mimics, de fausser la surveillance de ses nouveaux supérieurs et surtout de s’entraîner aux côtés de Rita Vrataski (Emily Blunt), surnommée Full Metal Petasse ! Ayant elle aussi été contaminée auparavant, ils vont s’associer afin de mettre un terme à cette éternelle tuerie. Une histoire divertissante et prenante qui ne manque pas de nous rappeler la comédie Un joue sans fin avec Bill Murray (Monuments Men, The Grand Budapest Hotel) et le thriller Source Code avec Jake Gyllenhaal (End of Watch, Prisoners)

Mais au delà de cette histoire attrayante, Edge of Tomorrow nous en met plein la vue avec des scènes d’action époustouflantes. Doug Liman nous offre du grand spectacle aussi jouissif que pétaradant qui envoie du très lourd grâce à une 3D immersive qui sublime les images aériennes et les mouvements. Vêtus d’exosquelettes imposants, les soldats insufflent aux champs de bataille un degré de badassitude jouissif et les Mimics forment des antagonistes pour le moins redoutables grâce à leur rapidité sans égale et leurs tentacules impitoyables. Inutile de préciser que Tom Cruise est excellent dans l’exercice et passe de l’antihéros craintif à l’homme d’action sympathique. A ses côtés la jolie Emily Blunt n’est pas en reste et en impose dans ce rôle de guerrière confirmée armée d’une épée impressionnante. Un duo qui fonctionne à merveille dans cette ambiance musclée aux influences spielbergiennes (La Guerre des Mondes, Il faut sauver le soldat Ryan).

Blockbuster ambitieux, film de science-fiction séduisant, film d’action jouissif, Edge of Tomorrow est un divertissement efficace et rythmé porté par Tom Cruise et Emily Blunt, un duo qui fonctionne à merveille !

Les plus

  • Le duo Tom Cruise - Emily Blunt
  • Scènes d’actions explosives
  • Histoire prenante et rythmée
  • Les touches d’humour

Les moins

  • La fin

7/10

La bande-annonce:

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  • Dragons 2 (How to Train Your Dragon 2) 
  • Ecrit et réalisé par Dean DeBlois
  • Avec Jay Baruchel, Gerard Butler, America Ferrera, Cate Blanchett, Jonah Hill, Kristen Wiig, Christopher Mintz-Plasse, Djimon Hounsou
  • Etats-Unis, 02 juillet 2014, 1h45
  • Animation, Action, Aventure, Comédie, Fantastique

Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

Si l’on est tous d’accord pour vanter les mérites de la maison Disney/Pixar en terme d’animation, il ne faudrait surtout pas négliger les studios Dreamworks qui sont capables de nous offrir de petites perles, la preuve avec Dragons en 2010, formidable conte fantastique et initiatique aussi drôle qu’émouvant. 4 ans plus tard, après avoir été présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2014, Dragons 2 sortira dans nos salles le 2 juillet.

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" Vikings & Dragons II "

Dragons 2 sort 4 ans après le premier épisode, mais l’action se déroule 5 ans plus tard. Le village de Berk est plus rayonnant que jamais, les Vikings et les Dragons vivent en parfaite harmonie et dégagent une synergie positive factrice d’une ambiance chaleureuse et détendue qui semble même déteindre sur les environnements. Désormais un jeune adulte, Harold se complaît dans son désir de liberté et d’adrénaline à travers de longues chevauchées aériennes en compagnie de Krokmou, son fidèle acolyte dragon. A l’instar du premier film, son père Stoïck voit en Harold une figure que ce dernier réfute: lui qui refusait d’être chasseur de dragons comme ses semblables refuse aujourd’hui de reprendre les commandes du village en prenant la place de chef. Harold lui rêve plutôt d’aventure et fera à travers ses périples des découvertes surprenantes.

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Aux commandes d’une virevoltante aventure préhistorique, j’ai nommé l’excellent Les Croods, Chris Sanders n’a pas suivi son comparse Dean DeBlois pour Dragons 2. Un détail qui n’entache en rien la qualité du long-métrage qui démontre une maîtrise technique incroyable. L’animation est impeccable de même que la 3D, la mise en scène fait preuve d’une grande ambition et délivre des images d’une beauté chatoyante qui multiplient les ambiances visuelles et les détails. Les magnifiques ballades aériennes se dressent entre dynamisme et poésie, le bestiaire mythologique est approfondi et donne lieu à une galerie de créatures à la fois belles, amusantes et terrifiantes. De plus, on compte à ce Dragons 2 pas mal de références qui raviront les cinéphiles: on pense au Quidditch d'Harry Potter au début du film lorsque les Vikings se livrent à des courses de dragons consistants à balancer des boutons dans des paniers, à Avatar quand Harold découvre un nouvel univers peuplé de dragons doté de paysages magnifiques, verdoyants et fleuris, au Seigneur des Anneaux ainsi qu’à Godzilla lors de la bataille finale du film, une séquence porteuse d’un souffle épique palpable et gorgée de moments de bravoure, d’affrontements et de créatures spectaculaires dignes d’un blockbuster.

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On se réjouit également de retrouver le brave Harold et son irrésistible dragon Krokmou ainsi que leur joyeuse bande de trublions vikings aussi fidèles que désopilants. Ils forment eux-mêmes des binômes avec leur dragonss respectifs, véritables destriers prêts à les suivre contre vents et marées et donner lieu à des aventures aussi épiques qu’hilarantes. Si l’humour se montre toujours très présent et efficace, Dragons 2 n’oublie pas de laisser une jolie place à des moments plus émouvants, notamment grâce à l’apparition de la mère d’Harold, Valka, que lui et son père non pas revu depuis 20 ans. Une découverte et une réinsertion traitées avec beaucoup de finesse et de maturité. Une maturité qui touche également les responsabilités d’Harold qui grandissent au même titre que ce dernier qui mène une nouvelle fois un combat intérieur et même physique: celui contre le grand méchant Drago voulant dominer le monde à l’aide d’une armada de dragons déchaînés. Un bad guy classique mais assez classe avec sa voix tonitruante et ses locks.

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Dragons 2 est au final un excellent film d’animation faisant preuve d’une ambition salutaire, truffé d’images somptueuses et de gags tout en développant un ton plus mature d’où découle une émotion poignante. Une suite honorable doté d’une ampleur épique et d’un sens du spectacle impressionnants.

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Les plus

  • Harold & Krokmou
  • Visuellement splendide
  • Ton plus mature tout en conservant un humour efficace

Les moins

  • Schéma classique
  • Pas le chef-d’oeuvre annoncé
  • Garde une petite préférence pour le 1er

8/10

La bande-annonce: